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Adieu procrastination : le jour où j'ai arrêté de remettre les choses au lendemain

Evan

Combien de fois vous êtes-vous dit : « Je ferai ça demain » ? Demain devient la semaine prochaine. La semaine prochaine devient le mois prochain. Et soudain, une année entière a passé, avec les mêmes bonnes résolutions qui dorment encore dans un coin de votre tête.

C'était un dimanche soir de novembre 2018. La pluie battait contre la vitre de mon petit appartement parisien. Je venais de vivre un échec professionnel qui m'avait laissé vide, et je me tenais devant ma bibliothèque, une tasse de thé froid à la main, à fixer les livres que j'avais achetés des mois plus tôt — des méthodes de droit, des romans, des manuels de langues. Tous intacts. Tous victimes de cette promesse que je me répétais sans y croire : "Je commencerai lundi."

Ce soir-là, en rangeant des papiers, je suis tombé sur une vieille liste de résolutions. Sur dix objectifs, un seul était coché : "acheter un carnet pour écrire les résolutions". J'ai éclaté de rire, un rire jaune, fatigué. Puis j'ai regardé par la fenêtre les lumières de la ville, et je me suis dit : "Tu vas passer ta vie à attendre, ou tu vas enfin y aller ?"

Alors j'ai pris un carnet vierge. Et j'ai écrit, en toute franchise, comment je me voyais dans trois ans. Professionnellement : enseigner le français au Japon, avec des élèves du monde entier, depuis n'importe où. Personnellement : un équilibre vie travail professionnelle, passer mon diplôme de master pour enseigner le français, avoir construit quelque chose qui me ressemble, étudier le japonais afin de pouvoir lire des romans en japonais, découvrir l'Asie.

Le lendemain, je n'ai pas changé ma vie du jour au lendemain. J'ai juste fait une chose minuscule : j'ai ouvert une méthode d'italien et écouté une leçon de cinq minutes en buvant mon café. Puis une autre. Puis j'ai envoyé un premier mail pour une formation. Puis j'ai ouvert un compte sur une plateforme d'enseignement.


 

Trois ans plus tard, jour pour jour, je me suis réveillé dans mon appartement — pas à Paris mais à Kyoto cette fois — et j'ai ouvert mon ordinateur pour donner un cours à une élève japonaise. Entre-temps, j'avais voyagé, appris, échoué encore, recommencé. Mais surtout : j'avais commencé.

Cette liste, je l'ai retrouvée l'autre jour en déménageant. Chaque ligne s'était réalisée. Non pas parce que j'avais miraculeusement tout réussi, mais parce que j'avais enfin compris que le temps passe de toute façon. Autant l'épouser plutôt que le regarder filer.

Ce que j'ai compris ce soir de novembre 2018, c'est que la procrastination n'est pas de la paresse. C'est une peur déguisée : la peur d'échouer, de ne pas être à la hauteur. Alors on attend le moment parfait, sans voir qu'il n'existe pas.

Le mythe du « moment parfait »

Pendant longtemps, j’ai attendu le moment parfait pour me lancer dans de nouveaux projets. Pour commencer ce livre, pour apprendre cette compétence, pour oser parler une nouvelle langue. J’attendais de me sentir prêt, d’avoir plus de temps, d’être plus légitime. Mais ce moment parfait n’arrivait jamais. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe pas.

Le progrès ne commence pas quand on se sent prêt.
La progrès commence avec l’action. On ne progresse pas en planifiant à l’infini.
On progresse en commençant. 
Même imparfaitement. Surtout imparfaitement.

La confiance, ça se construit en avançant.

Beaucoup de mes élèves attendent pour parler français. Ils veulent attendre d’avoir un meilleur accent, de connaître toutes les règles de grammaire, de « se sentir prêts » à converser. C’est un piège ! La vérité, c’est que la confiance vient après avoir commencé, pas avant. Elle se construit à chaque phrase osée, à chaque erreur corrigée, à chaque mot nouveau utilisé. Elle ne se trouve pas, elle se bâtit, brique par brique.

Le temps, cet allié qui passe... avec ou sans nous

C’est une prise de conscience qui a tout changé pour moi : le temps passera de toute façon. Que vous commenciez à apprendre le français aujourd’hui ou l’année prochaine, dans un an, nous serons dans un an. La seule question qui vaille est : dans un an, préférez-vous avoir avancé d’un pas, ou être exactement au même point, à regretter de ne pas avoir commencé plus tôt ?

Le pouvoir des petites victoires

Alors aujourd’hui, je vous pose la question, avec bienveillance mais avec sincérité : qu’attendez-vous pour commencer ?

Si ce n’est pas maintenant... alors quand ?

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